Marathon d’Amsterdam – Dimanche 16 octobre 2016

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Un peu moins d’un an après le marathon de La Rochelle, c’est avec une certaine appréhension que je prends le départ de mon deuxième marathon sous un magnifique soleil automnal.

Ma préparation n’aura pas été telle que je l’avais prévue et les écarts par rapport à mon plan d’entraînement initial auront été nombreux. Les fortes chaleurs de l’été ont éprouvé mon organisme et rares sont les séances que j’ai pu terminer. Côté sensations c’était la page blanche et, faute d’arriver à faire les séances prévues, j’essayai a minima d’y trouver du plaisir.

J’ai donc seulement 320km de préparation au compteur contre 510 pour le marathon de La Rochelle.

 

Après avoir failli rater le départ à cause d’une attente interminable du tram qui devait nous conduire au stade, me voilà dans ma zone de départ, au sein du stade olympique ayant accueilli les jeux de 1928. Nous sommes près de 16000 coureurs dans cette arène qui me parait immense. Je me sens un peu perdue parmi tous ces coureurs. Cette année je n’ai pas la chance de me « reposer » sur l’expérience de Marie et Guy pour évacuer la pression. Je cherche Vincent du regard dans les tribunes pour trouver un peu de courage et de réconfort avant le départ mais ce fourmillement humain ne me permet pas de le trouver. Je mets ma musique pour me donner de la motivation. Je suis à présent seule face à moi-même, face à ce nouveau défi et je suis prête à me battre pour arriver au bout de ces 42,195km. L’ambiance au sein du stade me donne la cher de poule. J’ai les yeux humides d’émotion. L’espace d’un instant, j’ai l’impression d’être dans la peau d’une athlète olympique à la conquête du dépassement de soi.

 

Ça y est, le coup d’envoi est donné. Je me cale à mon « rythme de croisière » à 5’30/km.

Etonnement les jambes sont assez légères. Peut-être les nombreux massages d’avant-course à base d’huiles essentielles ont-ils fait leur effet… ?

Nous sommes tellement nombreux qu’il faut parfois jouer des coudes pour doubler !

Le premier semi passe sans encombres et dans une régularité digne d’une horloge suisse en 1h55. Je me surprends même à sourire en plein effort. Le bonheur d’être là, sans blessures et avec en prime de bonnes sensations !

 

Vincent me suit sur une bonne partie du parcours à vélo. Sa présence me motive et me met une certaine pression en même temps. Je n’ai pas le droit de le décevoir, de m’effondrer…

Pourvu que le tant redouté et redoutable mur du marathon me laisse tranquille !

Entre le km 21 et le km 33, malgré des muscles qui tiraillent je ne fait que doubler. La sensation est grisante mais je garde en tête que c’est encore loin d’être terminé.

Ayant terminé ma bouteille d’eau que j’avais sur moi, je suis à présent obligée de passer par les ravitaillements en coup de vent pour attraper un peu d’eau. Pas de chance, j’attrape par mégarde de l’Isostar plutôt que de l’eau. Le soleil tape et la machine est rapidement en surchauffe sans carburant pour l’hydrater. Je ne fais donc pas la difficile et bois cet « or jaune » du coureur à grandes gorgées.

36ème km. Ça y est, il est là… le mur se dresse devant moi telle une montagne insurmontable. Je n’arrive plus à tenir mon allure de 5’30/km. Sur ces 6 derniers km, mon chrono affichera une allure oscillant entre 5’45 et 5’59/km. Les jambes sont terriblement douloureuses. J’essaie de me raccrocher à tout un tas de pensées positives, de souvenirs motivants. Je pense à toutes les personnes qui me sont chères en imaginant qu’elles me donneraient ce second souffle qui me manque tant.

 

Je résiste à la puissance de ce mur et ne lâcherais finalement rien pour terminer mon dernier km avec Vincent qui a posé son vélo pour boucler la boucle avec moi.

Le voilà ce second souffle que j’attendais. Je n’irais pas jusqu’à dire qu’il m’a donné des ailes mais il m’aura permis de dépasser la douleur.

Et quelle satisfaction de franchir cette ligne avec le sentiment du devoir accompli en ayant tout fait pour ne rien regretter !

De toutes les courses que j’ai pu faire, le marathon est une course à part. C’est l’éloge de la régularité, de la gestion de course où le moindre faux-pas, le moindre excès de zèle se payent chers.

 

Finalement, c’est avec un chrono très satisfaisant de 3h56, soit seulement 1 minute de plus que sur le marathon de La Rochelle que je boucle la distance non sans une certaine fierté.

 

Vous avez tous couru un peu avec moi pendant cette longue sortie !

Marion

 

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