Triathlon de BAUDREIX, 19 juin 2016

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Les 18 et 19 juin, un we triathlon était organisé par la Tribu 64 dans les environs de Pau, à Baudreix. Épreuves S, XS et jeunes le samedi et distance L le dimanche. Cette année, ce dernier, était support des Championnats de France LD, et pour fêter ça, les organisateurs avaient allongé le parcours natation, le passant de 1900m à 3000m (trois boucles et deux sorties à l’australienne).


Près de 600 inscrits, et du triathlète élite étant présents sur site.
Cinq licenciés du Team avaient fait le déplacement, Marie-Annick Fauchère, François Filleau, Arnaud Barré, Benoit Laforgue et Jean-Charles Fauchère.
Notre club des cinq est très satisfait d’avoir terminé cette très belle épreuve, malgré quelques passages difficiles pour certains d’entre eux.
La météo ne les a pourtant pas gâté ! De la pluie pratiquement sans discontinuer du vendredi soir au dimanche et parfois sous forme de déluge.
Dimanche après une dernière averse avant de quitter le parc à vélo, le temps est allé en s’améliorant jusque à la fin de journée. Les nombreuses précautions prises (coupe-vent, T-shirt thermique, gants, sur-chaussures, …) ne leur seront pas vraiment utiles, mais en montagne il vaut toujours mieux avoir plus que manquer ! Ainsi, ils ont gravi le Soulor sous le soleil qui donnait au cirque du Litor la lumière qu’il mérite, juste magnifique ! Puis le début de la descente de l’Aubisque un peu dans la purée de pois, et enfin, de retour dans la vallée avec le soleil et vent de face. Donc dur mais très beau, ça n’enlève pas le mal aux cuisses mais ça aide beaucoup. Arrive la course à pied et là on fait ce qu’on peut avec ce qui reste. Le parcours est assez sympa le long du gave de Pau, moitié chemin moitié goudron.
Vous l’aurez remarqué, on ne parle pas de la natation, c’était plat et pourtant…!
Et maintenant direction l’Ariege dans quelques jours !

Voici les résultats du Team :
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Jean-Charles

Vainqueurs scratch Femmes

1 MOREL charlotte A.S. MONACO TRIATHLON 1 5:42:48,2 1 / FS2
2 GENET manon LES GIRONDINS DE BORDEAUX TRIATHLON 2 5:55:43,6 2 / FS2
3 BOUSREZ celine TRIATHLON DU PAYS GRASSOIS 107 6:00:09,2 1 / FS4

Vainqueurs scratch Hommes

1 DEMARET jean eudes LES ALLIGATORS SEYNOD TRIATHLON 366 5:18:12,3 1 / MS3
2 FRAYSSE sebastien TUC TRIATHLON 93 5:23:23,7 2 / MS3
3 GUILLOUX arnaud RENNES TRIATHLON 7 5:26:42,8 1 / MS2

Petit bonus, Marie nous fait vivre sa course comme si on y était : 

Le triathlon de Baudreix ou la Petite Fugue de Marie : 3000m-107km-21km…

Il fallait accorder ses violons en ce dimanche 19 juin, alors qu’il tombait des cordes depuis vendredi soir sur Baudreix. Support Championnats de France LD, les têtes qui s’affichent, élites aux affiches, sont là, prêtes à en découdre pour aller chercher le titre de champion !
Mon titre à moi s’inscrit dans un objectif : 7h30.

Ça faisait longtemps que ce nom résonnait à mes oreilles…Le Baudreix…

Si la natation et la càp sont maîtrisables, la partie vélo, même sur le papier, l’est beaucoup moins : 107 km, 2100 de D+, et on place l’ascension du Soulor et la fin de l’Aubisque. Alors bien sûr, certains diront que c’est le côté facile, mais quand même…ça grimpe un peu !
Une arrivée vendredi soir chez les O’Kiri…et qui pleurent, nécessitant un indispensable parapluie en guise de mouchoir. Le ciel paraît inconsolable et nous glisse dans une drôle d’apathie. Seule une petite reconnaissance du parcours sur nos vélos nous réveillera pendant une heure le samedi.

Ma mine presque renfrognée devient au fil des heures dubitative pour le lendemain malgré des prévisions météo qui semblent aller vers l’amélioration. Les incertitudes se multiplient, s’amoncellent, le briefing ne fera que rajouter un bout de stress. L’organisation met en garde les concurrents sur la descente de l’Aubisque avec un 2°C, prévu au sommet, et une visibilité brumeuse…

Pour la première fois et 9 années dans le triathlon, j’annonce haut et fort, que oui je suis stressée et que je n’ai pas l’envie…

Presque à reculons, le temps des préparatifs arrive avec le début de soirée toujours aussi pluvieux. Chercher la motivation…

Choisir les bonnes stratégies vestimentaires et commodes. La mienne sera les élastiques ! Élastiques pour accrocher les manchettes et les gants longs au prolongateur. Coupe-vent dans la poche ravito sur le cadre. Je mise vraiment sur les rayons de soleil annoncés, à quitte ou double, je joue, je le sens…! Côté pieds, ma chance s’appelle Alix, rencontrée le matin car alignée sur le S. À son arrivée et au fil de nos échanges, elle me propose ses 1/2 surchausses ! Ayant pris le parti de ne pas mettre mes chaussettes après la natation, Alix a sauvé mes orteils lors de la descente ! Je n’ai pas beaucoup de considération pour le monde du triathlon trop souvent suffisant, m’as-tu-vu et individualiste, mais heureusement il y a des « cousins » bienveillants et ça te permet de croire en cette solidarité, cette générosité, cette humanité dont finalement on a tous besoin. Merci Alix !

Le repas du sportif arrive et la pluie redouble, le ciel n’en peut plus, il est rincé, fatigué.
Une nuit au sommeil inconstant, dimanche est arrivé, un lever à 6h, en même temps qu’une énorme averse… Mes yeux scrutent le ciel à la recherche d’un petit signe…Rien…c’est bouché… Petit déjeuner, les échanges sont posés, nos mines résignées.
Regagner le parc à vélo sous la bruine, un 200 sort du stylo marqueur pour venir se poser sur mon épaule et mon mollet, je passe sous l’œil aguerri de l’arbitre et regagne mon emplacement, presque comme une condamnée…! Les organisateurs ont regroupé les clubs. Nous sommes cinq du TLT, François, Arnaud, Benoit, Jean-Charles. Entourée comme à Lacanau, non pas cette fois-ci par des mousquetaires, mais plutôt des mercenaires sur ce triathlon…

« M…, j’ai oublié de recharger ma montre !!! »

Je file au Bambi, il me reste 1/4 d’heure pour mettre quelques pourcentages en plus, ça sera toujours ça, au moins la natation et le vélo… L’avantage, je me retrouve au chaud ! Je branche ma musique dans les oreilles pour ne plus entendre l’averse qui s’abat !! La Petite Fugue (Maxime Le Forestier) sera le dernier morceau écouté. Allez, finalement aujourd’hui, c’est aussi une petite fugue… Montre à 51%, plus le temps d’attendre, faut y aller.

Zone d’échauffement pour 5 minutes dans l’eau, placer sa combi, se mettre dans le bain et rejoindre le sas de départ filles. Nous partons 3′ avant les hommes. Devant moi, les cinq filles élites, championnat de France longue distance oblige, elles sont à un mètre, je pourrais les toucher…je ne les reverrai plus !!!

Départ dans l’eau, coup de feu, et c’est parti pour 3000m en trois tours. Juste le temps d’apercevoir qu’un bout de ciel bleu se pointe…

Nager sans se faire mal, la bataille n’est pas là, simplement assurer la mise en jambes, en bouche. Un sale caillou me défonce le talon sur la première sortie à l’australienne, ça tape fort, je pense quelques secondes aux dégâts possibles pour la càp… Et voilà déjà le troisième tour puis la sortie…

Coup d’œil rapide dans le parc à vélo, mes mercenaires ne sont pas encore partis, chouette, ils passeront à mes côtés sur le parcours… Le premier à me reprendre et à me lancer des encouragements, sera François, casque en pointe, prêt pour la bagarre. Puis j’entends Arnaud, nous sommes à Arthez d’Asson. Il semble être tranquille, nous échangeons un peu puis il file rapidement et disparaît.

Comme un signe, Benoit arrive à mes côtés à Ferrieres juste avant la montée du Soulor. Comme un signe car depuis que je le connais c’est bien Benoit qui a mis du Baudreix en moi… Baudreix = Benoit, résultat indiscutable !

Un « allez ma Marie » venu de l’arrière sonnera la remontée du dernier mercenaire, le mien, sur la fin du Soulor. Jean-Charles s’éloigne à son tour…

Les paysages sont magnifiques, il fait bon, je pense à mon papa, à ma maman. Pourquoi ? Je ne sais pas, en montagne, ils sont souvent là avec moi, je laisse les vagues et je pense à cette petite fugue…Moi aussi je me trouve bien malhabile pour ce Baudreix difficile.
Le Soulor est mangé au son des cloches et des encouragements des spectateurs, pas forcément nombreux mais tellement chaleureux que ça suffit pour te remplir. Ces ravitos humains sont vraiment les meilleurs ! L’Aubisque arrive lui aussi, finalement presque vite. Il est dans le brouillard, il ne fait pas très chaud.

Marion, comme prévu je te dédie ma montée… Un arrêt pour manchettes, coupe-vent, gants longs et sandwiches. Et maintenant la descente, pas très chaude mais ça reste raisonnable, contente d’avoir choisi les bonnes options vestimentaires et ravie d’avoir mes pieds protégés par Alix !

Je retrouve la vallée, le vent de face, opération inverse pour « se remettre en conformité » trifonction. Un peu de lassitude, l’envie de poser le vélo mais pas forcément celle de repartir pour un semi à pied derrière…

Et pourtant, voilà le parc…chaussettes, chaussures de càp, ma petite bouteille d’eau, dossard devant et c’est parti. Ma montre annonce une batterie faible depuis un bon moment, il faut qu’elle tienne encore un peu, juste pour me donner le rythme. Un arrêt pipi et ça y est je peux me mettre dans la course. Surprise, ça va plutôt pas mal… Cela ne durera pas et mes craintes côté genoux (oui les deux m’ont tenu la jambe !!) se fondent vite dans la réalité. Trouver un dérivatif, se concentrer sur autre chose…mais rien n’y fait, même les douleurs gastriques avec tord boyaux n’arrivent pas à distraire la douleur. Il reste 16 kilomètres… L’idée d’abandonner commence à faire son chemin, c’était la stratégie d’avant course, se protéger, aller vers un début de maturité, grandir, devenir raisonnable. Hummmm, il faut y réfléchir…Je croise J-Charles, même de loin, ça fait du bien. Les deux kilomètres pour le demi tour me paraissent interminables mais ils arrivent comme la fin du premier tour. Arnaud est en route pour finir sa course, je suis alors dans le dur, le mauvais, difficile de s’en échapper et ses encouragements n’arrivent pas à me sortir de ce mauvais pas…

Alors, stop ou encore ?

-Avoir fait tout ça pour arrêter maintenant, c’est moche quand même !
-Oui, mais tes douleurs sont là, réfléchis bien, ce n’est pas grave de lâcher prise…
-Oh regarde, lui, il a fini…Regarde, il a une médaille autour du cou…!! Y’a une médaille pour les finishers !! Je la veux !!!
-C’est du grand n’importe quoi… Ce n’est pas toi tout à l’heure qui parlait de maturité, de raison…?
-Oui mais là y’a une médaille ! Je veux ma médaille ! Eh, Marie, c’est Baudreix quand même… Et puis tu vois à force de me parler, je suis au 13eme k, tant pis, j’y vais, la médaille, la ligne…
-Tes jambes sont lourdes…
-Non, je suis à côté de Pau, et je vais même traverser son Gave ! Et puis, fiche moi la paix, laisse moi dans ma bulle de pensées, tu m’agaces…

Je reprends donc le fil du parcours, et je mets un paquet de monde derrière moi : mes filles bien sûr en fond sonore et sur lequel des extraits familiaux, amicaux viennent se greffer par flash, « mes licenciés » sont là aussi.

Je croise Benoit qui va finir son 2ème tour, ça me donne le petit coup de boost nécessaire…
Voilà, je l’entends le speaker, je vois l’arche, je vais franchir la ligne, j’ai ma médaille !
Je suis cuite…
-Bienvenue au Baudreix ! me lance Benoit avec un large sourire et des bras réconfortants.
Deux bises bien méritées pour coach vélo Arnaud.

Boire, manger un peu et retrouver Jean-Charles, que du réconfort !

Mon corps est mâché, comme s’il avait été roué de coups. Bizarrement, j’aime cette sensation, l’effort s’ancre en moi, s’impose. Maso, peut-être, je m’en fiche ! J’ai fini ! Mon objectif n’est pas atteint, je termine en 7h44, milieu de tableau chez les filles. Je sais que je vais être déçue, c’est comme ça. Certains parleront d’insatisfaction, moi j’y vois l’envie de progresser.

Ce triathlon n’est pas comme les autres, et il va faire partie des moments forts et importants que je vais placer précieusement dans ma besace. Ce sont ces épreuves, où on va puiser en nous, qui nous construisent aussi bien dans la vie sportive que quotidienne. On rencontre nos ressources personnelles, ce sont en général de belles rencontres et qui se transforment souvent en armes pour la vie.

Je reviendrai très certainement dans ce coin béarnais magnifique pour les cols, je reviendrai pour les cloches qui tintent quand on grimpe, je reviendrai pour la verdure, les cirques, je reviendrai pour les rivières et ruisseaux, pour la beauté des paysages.
Et…je reviendrai peut-être, l’an prochain sur l’épreuve, pour améliorer mon temps vélo…
Il y a cette petite fugue qui trotte dans ma tête, sur un air de revanche…

Une revanche dans l’air ?
Marie

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3 réflexions sur “Triathlon de BAUDREIX, 19 juin 2016

  1. Nerea 22 juin 2016 / 20 h 38 min

    Un grand bravo à tous les 5 pour ce grand triathlon!! Marie, tu es une warrior, tu ne lâches rien!! 🙂

    J'aime

  2. Jérémy 23 juin 2016 / 15 h 59 min

    Super récit Marie!
    Bravo à tous pour cette épreuve!

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  3. Laurence 24 juin 2016 / 10 h 36 min

    FELICITATIONS à tous les cinq ! Quel bel exploit ! Quel courage !

    Marie, le style de ton écriture m’a remplie d’émotion…

    Merci de nous faire partager votre extraordinaire aventure 😉

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